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5G ou 4G : quand la batterie chute vraiment et quels réglages la stabilisent

Éloïse Caradec 9 min de lecture

Oui, la 5G peut réduire l’autonomie d’un smartphone, mais l’effet réel est souvent plus limité qu’on l’imagine. Les mesures disponibles parlent d’un surplus mesurable, pas d’une batterie divisée par deux : Ookla évoque une consommation supérieure de 6 à 11 % par rapport à la 4G, tandis que Visermark avance environ 10 % de batterie en plus. La vraie question n’est donc pas seulement “5G ou 4G”, mais surtout “dans quelles conditions mon téléphone utilise-t-il la 5G ?”.

Ce que disent les chiffres : la 5G consomme davantage, mais pas toujours de la même façon

La différence entre 4G et 5G dépend du réseau, du smartphone, de la puce modem, de la qualité du signal et de l’usage. En moyenne, la 5G reste plus énergivore, surtout lorsque le téléphone doit maintenir plusieurs connexions radio ou chercher un signal instable. Mais cette consommation varie fortement d’une situation à l’autre, ce qui explique pourquoi deux utilisateurs n’obtiennent pas du tout la même autonomie avec le même forfait ou le même appareil.

Situation Impact probable sur la batterie Pourquoi
5G avec bon signal Surconsommation modérée Le téléphone accroche facilement le réseau et limite les recherches d’antenne
5G faible ou instable Surconsommation élevée Le smartphone alterne, cherche, amplifie le signal et sollicite davantage le modem
Transfert rapide de gros fichiers Parfois avantageux La 5G termine l’opération plus vite, donc le modem reste actif moins longtemps
Streaming prolongé Variable, souvent plus gourmand L’écran, le réseau et le décodage vidéo travaillent en continu

Le chiffre le plus utile à retenir est donc une fourchette. Pour un usage courant, la 5G peut consommer environ 6 à 11 % de batterie en plus selon Ookla. Visermark estime de son côté cette hausse autour de 10 %. Ce n’est pas négligeable sur une longue journée, mais ce n’est pas forcément la première cause d’une autonomie médiocre. La luminosité de l’écran, les jeux, la navigation GPS, les applications en arrière-plan et une mauvaise couverture pèsent aussi très lourd.

Pourquoi la 5G tire davantage sur la batterie

La 5G n’est pas simplement une “4G plus rapide”. Elle ajoute des couches techniques qui peuvent augmenter la consommation énergétique du smartphone, notamment quand le réseau n’est pas parfaitement stable ou quand l’appareil utilise une architecture dite non autonome. Dans la pratique, cela se traduit surtout par davantage d’activité radio et par des recherches de réseau plus fréquentes dans les zones où la couverture n’est pas homogène.

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La 5G non autonome garde un pied en 4G

Dans de nombreux déploiements, la 5G non autonome nécessite une connexion simultanée à la 4G. Concrètement, le téléphone utilise une bande d’ancrage 4G tout en exploitant la 5G pour les données. Cette double relation au réseau peut solliciter davantage le modem qu’une connexion 4G seule. Ce n’est pas forcément visible pour l’utilisateur, mais c’est l’une des raisons pour lesquelles l’autonomie baisse plus vite dans certains environnements. Plus la couverture est irrégulière, plus le téléphone doit arbitrer entre les deux réseaux.

La qualité du signal compte plus que le logo “5G”

Un smartphone consomme peu lorsqu’il dialogue clairement avec une antenne proche. À l’inverse, s’il capte mal, il augmente son effort radio, multiplie les tentatives et bascule parfois entre 4G et 5G. C’est souvent là que l’utilisateur a l’impression que “la 5G vide la batterie”. En réalité, le problème vient autant de l’instabilité du réseau que de la technologie elle-même. Un bon signal limite les relances du modem, alors qu’une couverture faible pousse le téléphone à corriger sans cesse sa connexion.

On peut comparer cela à un sillon dans un champ. Si la trajectoire est nette, la machine avance droit, sans corriger sa direction en permanence. Si le tracé est irrégulier, elle compense, patine, reprend sa ligne et consomme davantage. Un smartphone fait quelque chose de similaire avec le réseau. Une connexion stable lui permet de suivre une voie radio propre, tandis qu’une couverture morcelée l’oblige à corriger en continu. Pour préserver l’autonomie, il faut donc penser continuité du signal autant que débit maximal.

Quand la 5G peut devenir plus efficace que la 4G

La 5G n’est pas automatiquement perdante sur le plan énergétique. Sa vitesse peut au contraire réduire le temps pendant lequel le modem travaille à pleine charge. Si une action dure beaucoup moins longtemps en 5G, la dépense totale peut se rapprocher de la 4G, voire devenir plus intéressante dans certains cas. C’est particulièrement vrai quand le réseau est propre et que l’usage se limite à une tâche précise.

Les téléchargements courts et lourds

Pour télécharger une application volumineuse, envoyer une vidéo ou synchroniser un gros dossier, la 5G peut être pertinente. Elle est en moyenne 20 % plus rapide que la 4G, ce qui permet de terminer plus vite certaines opérations. Si vous lancez un transfert puis rangez le téléphone, la 5G peut limiter la durée d’activité réseau. Le gain n’est pas garanti, mais il existe lorsque le signal est bon et que le serveur en face suit le débit. Dans ce cas, le modem reste sollicité moins longtemps, ce qui compense une partie de sa consommation plus élevée.

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Les usages continus changent l’équation

Pour regarder une vidéo pendant une heure, scroller sur les réseaux sociaux ou utiliser le GPS en déplacement, la logique est différente. Même si la 5G charge plus vite, l’écran reste allumé, les applications continuent de récupérer des données et la connexion demeure active. Dans ces cas, la 5G peut ajouter une consommation réseau à des usages déjà gourmands. C’est particulièrement vrai dans les transports, où le téléphone change régulièrement d’antenne et où la stabilité du signal varie souvent. La rapidité ne suffit plus à compenser la durée d’utilisation.

Faut-il désactiver la 5G pour économiser la batterie ?

Désactiver la 5G n’est pas toujours nécessaire, mais c’est un réglage utile dans certaines situations. Si votre journée est longue, que vous êtes loin d’un chargeur ou que vous vous trouvez dans une zone où la 5G accroche mal, repasser en 4G peut offrir un gain d’autonomie concret. À l’inverse, si vous êtes en ville, avec une bonne couverture et un téléphone récent, l’écart peut rester discret. Le bon choix dépend donc surtout de votre lieu de vie, de vos trajets et de votre niveau de batterie en fin de journée.

Les cas où la 4G est plus raisonnable

La 4G devient souvent préférable lorsque le signal 5G est faible, lorsque le téléphone chauffe, quand vous voyagez en train ou en voiture, ou lorsque vous avez besoin de tenir jusqu’au soir avec peu de batterie restante. Elle suffit largement pour la messagerie, le web, la musique en streaming et la plupart des réseaux sociaux. Dans ces usages, le confort perdu est souvent faible, alors que le gain d’autonomie peut être appréciable. Si vous constatez que la batterie chute vite dans un lieu précis, ce n’est pas un bon terrain pour garder la 5G en permanence.

Les réglages intelligents des constructeurs

Les fabricants ont bien identifié le problème. Apple propose par exemple des réglages qui adaptent l’usage de la 5G selon le besoin, plutôt que de la laisser active à pleine puissance en permanence. Samsung indique aussi que le réseau 5G peut décharger la batterie plus rapidement et recommande de vérifier les paramètres réseau lorsque l’autonomie semble anormalement faible. Plus largement, les constructeurs intègrent des optimisations logicielles et de l’intelligence artificielle pour limiter l’impact du modem sur la batterie. Ces ajustements ne changent pas tout, mais ils réduisent les dépenses inutiles.

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Les bons réflexes pour garder la 5G sans sacrifier l’autonomie

Le meilleur compromis consiste rarement à bannir la 5G partout. Il vaut mieux l’utiliser quand elle apporte un vrai bénéfice, puis réduire son impact dans les moments où l’autonomie compte davantage que le débit. Quelques réglages simples suffisent souvent à retrouver un équilibre plus confortable au quotidien.

Activez le mode 5G automatique si votre smartphone le propose : il laisse le téléphone choisir entre 4G et 5G selon l’usage réel.

Repassez en 4G dans les zones mal couvertes : un signal stable vaut souvent mieux qu’une 5G faible.

Mettez le smartphone à jour : les optimisations modem et réseau arrivent souvent via les mises à jour système.

Surveillez les applications en arrière-plan : synchronisation cloud, sauvegardes photo et messageries peuvent amplifier la consommation en 5G.

Réduisez la luminosité et le taux de rafraîchissement si besoin : l’écran reste l’un des plus gros postes de dépense énergétique.

Évitez les tests de débit répétés : ils sollicitent fortement le modem et donnent une mauvaise idée de la consommation quotidienne.

Pour décider simplement, observez votre usage sur deux journées comparables : une journée en 5G automatique, puis une journée en 4G. Si l’écart d’autonomie est faible, gardez la 5G. Si vous gagnez nettement plusieurs heures en 4G dans vos lieux habituels, votre environnement réseau n’est probablement pas optimal pour la 5G en continu. Cette comparaison concrète reste plus utile qu’une règle générale, car la batterie dépend autant du réseau que du téléphone lui-même.

Au fond, la 5G consomme bien plus de batterie que la 4G dans de nombreux scénarios, mais l’écart reste généralement contenu autour des chiffres mesurés par Ookla et Visermark. Le bon choix n’est pas idéologique. Gardez la 5G quand elle accélère vraiment vos usages, laissez les modes automatiques travailler, et basculez en 4G lorsque la couverture, la mobilité ou une batterie faible rendent l’autonomie prioritaire.

Éloïse Caradec
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